THÈMES "DÉCOUVERTE DE LA RÉUNION"

(2) LES TUNNELS DE LAVE

TUNNEL DE LAVE, COULÉE DE 2004.

Daniel PAYET, Proviseur à la retraite, Officier des Palmes Académiques,  a été élu membre de notre bureau lors de l’Assemblée Générale du 26 Avril 2017 .
Nous lui exprimons toute notre reconnaissance pour  ce reportage original d’une remarquable qualité .


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Le  vendredi13 août 2004, le Piton de La Fournaise entre dans une nouvelle phase éruptive. La lave traverse la route le dimanche le 22 août au niveau de la vierge au parasol.
Les photographies de cet article ont été prises fin 2010 et en 2011.  A cette époque, lors de ses expéditions, Daniel n’a rencontré qu’une seule fois un groupe de trois personnes accompagné d’un guide

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Je vous invite à pénétrer dans ces tunnels et découvrir avec moi quelques facéties de Dame Nature.
L’entrée dans les entrailles de la terre est splendide : à cette époque, il n'y a pas de sentier balisé . A l'arrière-plan, les pentes du "Nez coupé du Tremblet" me poussent vers l'entrée des tunnels. Le « cône tortue » est  un de mes points de repère . Face à moi l’océan indien .
L'oeil de l'objectif et l'imaginaire du photographe s'enfoncent dans les entrailles du volcan et vont à la rencontre de l’inconnu . En franchissant la porte d’entrée tant convoitée, la magie des rêves de l’enfance et l’aventurier en herbe s’imaginent en héros du jour. Une fois l’entrée franchie, je parcours un long tuyau inhospitalier aux couleurs changeantes, plafond chocolat, paroi de zinc au revêtement acéré . J’avance, avec gourmandise, de découverte en découverte.


 

Des obstacles inattendus m’attendent dans cette progression  :  je peux parfois avancer debout, parfois l’échine courbée et souvent en rampant sur le dos comme un ver de terre, mon appareil photo bien protégé dans un sac attaché à un pied . Chaque passage de goulet étroit , chaque escalade de monticules de pierres d’effondrement  soulève une inquiétude dangereusement balayée par  l’appel de la découverte .

 

Ces effondrements qui se sont produits essentiellement pendant les périodes de refroidissement, provoquant des réactions thermochimiques,  offrent à mes regard des objets aux couleurs chatoyantes, têtes de lion, pieds d’éléphants, fragments minéraux….
J’ai à peine quitté l’état contemplatif devant le face à face de ces monstres de pierre, dragons se regardant tragiquement en chien de faïence ou plus poétiquement statufiés dans un  regard amoureux, que je découvre l’alignement de ballerines aux pieds d’éléphant , prêtes à enchainer une chorégraphie gracieuse dans un raffinement excitant ( Voir diaporama ci-contre )  . Le luxe de la pensée interprète et se réinvente sans cesse pour m’offrir des moments égoïstes .

 

Plus loin le grand salon aux volumes impressionnants offre le camaïeux de rouges d’une oeuvre architecturale éphémère d’une exceptionnelle beauté .
Musée sous-terrain d’objets somptueux, la sagesse de l’âge m’emporte à la découverte d’un bonheur simple  et à la volupté du photographe  en quête de sensations fortes .

Au fil du temps l’eau de pluie rencontre ce milieu aux températures extrêmes .

Cliquez sur le diaporama pour mieux admirer les photos

Cliquez sur le diaporama pour mieux admirer les photos

  La lute est inégale : l’eau est immédiatement transformée en vapeur, puis le temps fait son oeuvre.Le refroidissement s’opère. L’eau de pluie dans cet univers aux températures  insupportables crée consciencieusement des stalactites, tel un orfèvre façonnant des colonnes improbables, des bijoux enchevêtrées concurrençant les plus belles surfaces de Moebius, des perles de lave (“cadeau”, comme dans un lieu où il ne pleut pas, que Jacques Brel aurait pu offrir à sa bien-aimée) et bien d’autres  joyaux que  je garderais dans le sous-bois de mes pensées .

Le basalte transformé s’ingénie à me surprendre en m’offrant le talentueux travail d’un artisan mystérieux et pudique. .... Je laisse le champ libre à votre imagination et à vos talents d’écrivain .

 

                Mais il est temps de rebrousser chemin, de s’arracher à la fascination de ce décor  magique … à regret, je fais demi-tour …

             Voilà la lueur du jour qui illumine l’entrée …......... Je reviendrai .                                                                                                                                                                                                                                         Daniel.

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